TENDANCE JOAILLIèRE : TRANSFORMER SES BIJOUX POUR LEUR DONNER UN NOUVEAU SOUFFLE

Redonner une seconde vie à ses bijoux ? Si elle n’est pas nouvelle, cette promesse joaillière est d’une redoutable efficacité pour injecter aux pièces vintage un regain de désirabilité.

Transformer ses bijoux pour leur donner un nouveau souffle ne date pas d’hier, comme l’explique Laure-Isabelle Mellerio, directrice artistique et présidente de la maison de joaillerie Mellerio. “Cela fait même partie de l’histoire intrinsèque de la joaillerie. En tout cas, de la nôtre, dont les archives retracent les multiples vies des pièces passées entre nos mains et sur laquelle les générations qui se succèdent aiment apposer leur patte”. Pour la plus ancienne des maisons de la place Vendôme, fondée en 1613, les demandes de sur-mesure comme de modernisation portent en grande partie sur les bagues de fiançailles, leur produit ambassadeur. “L’inspiration créative peut trouver sa source dans nos collections, telles que l’emblématique Giardino, ou Vérone, ou bien dans d’autres thématiques plus florales. Quelle que soit la demande, le fil rouge doit être le respect de l’ADN de la maison, c’est-à-dire des créations ornementales, avec une prédilection pour la couleur”, ajoute la créatrice.

Collier à médaillons Mellerio  Service de presse

Une affaire de style et de durabilité

À l’instar de la mode, la joaillerie est aussi une affaire de style : le design des montures, les différents types de sertis, comme l’attrait pour certaines pierres fluctuent au gré des tendances. En la matière, l’air du temps est à la modernisation des bijoux anciens. Une approche durable qui flatte autant la conscience écologique que le porte-monnaie, avec une côte de l’or qui tutoie les sommets. “De plus en plus de clients viennent nous voir avec plusieurs pièces : une bague à transformer, des broches et des bracelets qu’ils ne portent plus, et parfois des Louis d’Or. L’or fondu qui ne sera pas utilisé pour la nouvelle monture sert ainsi à financer en partie le projet de création dans une dynamique vertueuse”, développe Alexandre Benamu, le directeur général de la maison Copin. Celui qui a repris il y a maintenant deux ans cette ancienne maison de joaillerie a fait le choix de poursuivre cette activité, en parallèle du développement de collections au design affirmé. “Repenser un bijou demande un véritable savoir-faire technique, que nous avons la chance d’avoir au sein de nos ateliers. Dessertir une pièce est une étape cruciale, car il y a un risque que la pierre se fissure, et ce d’autant plus que le bijou est ancien. Ainsi pour les gemmes supérieures à plus d’un carat, cette étape est précédée d’une expertise en laboratoire, pour être certain d’appréhender la pierre avec le plus d’informations possible”, précise l’homme d’affaires.

Des bijoux avec un supplément d'âme

Boucles d'oreille bespoke, Copin  Service de presse

En général, ces demandes mobilisent les artisans joailliers pendant plusieurs semaines (comptez entre six semaines et trois mois selon les maisons) et s’accompagnent de trois à quatre rendez-vous. Un investissement en partie compensé par la qualité de la relation qui se noue entre la maison et son client. “Dans un quotidien très chronométré, prendre le temps de présenter mon univers et d’échanger avec mon interlocuteur sur ses attentes, ses goûts et sa personnalité est une forme de luxe. J’aime ces projets pour leur dimension humaine, et parce qu’ils constituent également une forme d’échappée créative au rythme des collections”, développe Lauren Rubinski, la créatrice de la marque de joaillerie éponyme. Confier une pièce à un joaillier est loin d’être un acte anodin. Au-delà de la question du prix sur lequel s’accorder, la question de la confiance est clé puisque le bijou est par essence chargé d’une dimension affective. Les collaborations les plus réussies naissent souvent d’une résonance qui se crée entre l’univers de la maison et celui du client, à l’instar de cette experte en marbre, qui a sollicité la maison Mellerio pour imaginer une bague sertie d’un marbre rare. Certaines demandes de personnalisation ne manquent pas d’originalité, comme celle d’inscrire la mention “I Love Cookies” à l’intérieur d’un pendentif Bespoke signé Lauren Rubinski. “J’adore cette liberté de faire de son bijou un talisman porteur d’un message secret. Cela s’inscrit totalement dans ma philosophie de porter ses bijoux au quotidien, et de leur faire changer de visage dès qu’on ne se sent plus aligné avec eux”, conclut la créatrice, dont la bague de fiançailles en est déjà à sa troisième itération.

Bague Moi & Moi, Lauren Rubinski  Service de presse

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